Depuis les années 2010, la succession de crises de sécurité internationale s’est accélérée ; les désaccords sur l’ordre mondial ont conduit à une confrontation croissante entre grandes puissances et nouveaux/anciens groupes d’états, tandis que la gouvernance démocratique intérieure s’est érodée au point de mettre à l’épreuve les institutions, les organisations et les pratiques du multilatéralisme. Nous vivons aujourd’hui dans une tempête parfaite d’insécurité croissante, de résurgences impérialistes et de guerres interétatiques qui menacent les fondations de la politique internationale.
Dans ce contexte, les gouvernements et les acteurs exécutifs ont mis en place des politiques de défense plus actives, et ils investissent des ressources sans précédent pour contrer l’insécurité. Ces évolutions ont largement contribué à renforcer la domination de l’exécutif, confortant sa prépondérance traditionnelle dans le domaine de la sécurité internationale et de la politique étrangère. Toutefois, d’autres acteurs et institutions démocratiques, tels que les parlements et les partis, ne sont pas absents de ces évolutions, par exemple, en débattant, contestant et votant les crédits de défense ou en autorisant des déploiements militaires, entre autres pratiques. Pourtant, la concomitance d’une géopolitique renouvelée et de crises de sécurité avec une domination exécutive renforcée exerce une pression conjointe sur les acteurs nationaux pour repenser leurs positions, convictions, pratiques et pouvoirs afin d’adapter, in fine, leurs rôles dans la gouvernance des affaires militaires. Ceci n’est pas un processus purement fonctionnel, mais il s’agit d’une recomposition des pouvoirs et des pratiques qui peut être contestée par des acteurs partisans aux préférences idéologiques divergentes, qu’il s’agisse de l’intervention militaire, des politiques nucléaires ou des pratiques de contrôle.
Dans ce cadre, les contributions de ce panel examineront le lien entre les crises de sécurité internationale et la gouvernance nationale des affaires militaires, leur (dé)politisation et leur (non-)contestation dans l’arène parlementaire, ainsi que l’impact des évolutions esquissées sur les relations entre acteurs exécutifs et non-exécutifs dans des domaines spécifiques. Le panel se situe ainsi au carrefour de l’analyse des Relations internationales, des études parlementaires, de la politique partisane et d’une sociologie de l’action publique afin de mieux comprendre les relations actuelles entre forces armées, société et institutions.
Parlements et partis politiques : l’impact des crises géopolitiques sur le contrôle démocratique des forces armées et leurs actions
Type
Open Panel
Language
French
Discussants
Description
Onsite Presentation Language
Same as proposal language
Panel ID
PL-4124






