<p>Le concept « régime de transition permanente » renvoie à des situations politiques où la transition politique cesse d’être une séquence passagère de changement d’un ordre autoritaire vers un ordre démocratique. Celle-ci se transforme en principe durable de gouvernementalité, en ce sens que, les réformes se succèdent, sans pour autant changer la logique autoritaire de l’exercice du pouvoir politique. Les dispositifs institutionnels et juridiques du pluralisme et de la compétition électorale y deviennent routiniers, mais ne constituent pas un levier effectif d’alternance au pouvoir. Une telle assertion renverse l’idée selon laquelle, la libéralisation politique des autoritarismes annoncerait nécessairement la démocratie. Dans cette perspective, l’institutionnalisation, à peine déguisée, de l’état d’exception agit comme un principe structurant de gouvernementalité, c’est à dire une sorte rationalité politique qui structure les décisions institutionnelles sur la base des risques et des menaces. Selon la logique Foucaldienne, la gouvernementalité renvoie précisément aux techniques par lesquelles les populations sont visibilisées, disciplinées et orientées. L’exception devient alors un nouveau mode de restructuration des rapports entre l’Etat et la société qui repose davantage sur l’urgence permanente qui justifie l’action de l’Etat. De ce fait, les symptômes de la gouvernementalité par l’exception trouvent leur origine dans une multitude de facteurs comme : les menaces sécuritaires, les crises économiques, les conflits identitaires, la marginalisation du parlement et la réduction des libertés individuelles qui justifient la concentration des pouvoirs entre les mains de l’exécutif. Certes, l’hypothèse Agambienne gagnerait à être pondérée, puisque les pouvoirs d’urgence ne détruisent pas nécessairement l’État de droit quand ils sont légalement réglementés, contrôlés et légitimés. La thèse centrale du panel est que, dans les régimes de transition permanente, l’exception ne constitue pas une parenthèse politique mais un mode de gouvernementalité qui reproduit les conditions de stabilisation du régime. Les promesses du changement démocratique sont maintenues, tout en reportant continuellement les conditions de sa réalisation. Le dispositif des réformes institutionnelles entrepris consolide davantage la centralisation du pouvoir politique que son partage. L’utilité de l’analyse dépendra de la fiabilité des hypothèses avancées et de leur argumentation épistémique.</p>
L’exception comme principe de gouvernementalité dans les régimes de transition permanente
Type
Open Panel
Language
French
Chair
Co-chair
Discussants
Description
Onsite Presentation Language
Same as proposal language
Panel ID
PL-4114






